Le Black Friday représente l’une des périodes les plus critiques de l’année pour la cybersécurité. Selon Adobe, les consommateurs américains ont dépensé 10,8 milliards de dollars en ligne lors du Black Friday 2024, soit une hausse de 10,2% par rapport à 2023. Cette explosion des transactions attire mécaniquement les cybercriminels.
Découvrez les 7 conseils de Cybermalveillance.gouv.fr adaptés au contexte professionnel pour sécuriser votre organisation pendant cette période à haut risque.
Des statistiques alarmantes pour 2025
Les chiffres récents dressent un tableau préoccupant de l’intensification des cyberattaques pendant les périodes promotionnelles. Selon le rapport de Gen Digital, 2,55 milliards de menaces ont été bloquées en 2024, soit 321 attaques stoppées chaque seconde, représentant une hausse de 9% par rapport à 2023.
L’ingénierie sociale domine le paysage des menaces, représentant 86% des attaques selon Gen Digital. Les cybercriminels exploitent systématiquement le sentiment d’urgence et les offres attractives pour abuser leurs victimes. En France, 73% des entreprises ont été concernées par des tentatives de phishing en 2024, confirmant que cette menace reste la plus répandue.
Le coût des cyberattaques continue d’augmenter dramatiquement. Selon Statista, le coût annuel de la cybercriminalité en France en 2024 atteint 118 milliards d’euros. Pour une entreprise, le coût moyen d’une cyberattaque réussie s’élève à 58 600 euros, incluant la remédiation, l’interruption d’activité et les éventuelles rançons.
Ces données objectivent le risque et justifient économiquement les investissements dans une hygiène informatique rigoureuse, particulièrement pendant les périodes à haut risque comme le Black Friday et le Cyber Monday.
L’évolution des techniques d’arnaque
Les cybercriminels perfectionnent continuellement leurs techniques, rendant la détection de plus en plus difficile. Bitdefender Labs identifie un écosystème sophistiqué combinant hameçonnage par email, fraude sur réseaux sociaux, publicité malveillante et hameçonnage par SMS dans une action coordonnée qui atteint son apogée en novembre, voici les principaux vecteurs d’attaques :
• Les faux sites marchands professionnalisés : Ces plateformes imitent parfaitement les sites légitimes, utilisant des templates sophistiqués, des certificats HTTPS (qui ne garantissent pas la légitimité) et des mécanismes de paiement convaincants.
• Le deepfake et l’IA générative : l’intelligence artificielle permet désormais de générer des emails de phishing personnalisés quasi indétectables et peuvent même usurper l’identité vocale ou vidéo de dirigeants.
• Les arnaques à la livraison évoluées : les faux transporteurs envoient des SMS convaincants avec suivi de colis fictifs, numéros surtaxés ou liens malveillants.
• Le malvertising ciblé : les publicités malveillantes sur les plateformes sociales et moteurs de recherche exploitent des données précises pour affiner leurs pièges, redirigeant vers des sites frauduleux qui collectent données personnelles et bancaires.
La sensibilisation et formation cybersécurité régulière des collaborateurs devient indispensable pour développer la vigilance face à ces techniques en constante évolution.
Conseil 1 : Méfiez-vous des offres trop généreuses
Le principe : si c’est trop beau pour être vrai, c’est suspect
Cybermalveillance.gouv.fr rappelle que si la promotion vous semble beaucoup plus intéressante que partout ailleurs, considérez là suspecte par principe. Cette règle simple constitue le premier rempart contre les cyber-arnaques du Black Friday.
Dans le contexte professionnel, cette vigilance s’applique tant aux achats personnels des collaborateurs sur les équipements professionnels qu’aux achats de l’entreprise elle-même. Un collaborateur tentant de profiter d’une « offre exceptionnelle » sur son poste de travail peut compromettre le réseau entier en téléchargeant un malware déguisé. Une vérification minimale avant tout achat (incluant la réalité de la promotion (comparaison avec d’autres sites), la notoriété du vendeur (ancienneté, avis vérifiés), et le risque de contrefaçon), des indicateurs d’alerte (réductions dépassant 70-80% sur des produits high-tech récents, des prix défiant toute concurrence sur des articles en rupture partout ailleurs) sont des prérequis essentiels avant toute action pouvant entraîner des dégâts irréversibles sur votre organisation.
Conseil 2 : Ne confondez pas vitesse et précipitation
La pression temporelle : arme favorite des cybercriminels
Cybermalveillance.gouv.fr souligne que même pressé par un pseudo vendeur en ligne ou un compte à rebours de vente flash, il ne faut pas donner trop rapidement son numéro de carte bancaire. La création d’un sentiment d’urgence constitue une technique d’ingénierie sociale éprouvée.
Dans le contexte professionnel, cette pression temporelle peut toucher les services achats sollicités de négocier rapidement des fournitures à prix cassés, les équipes IT tentées par des licences logicielles promotionnelles, ou même la direction générale face à de prétendues opportunités d’investissement.
Prendre le temps minimum de vérification (vérification sur le site officiel ou par contact téléphonique direct), sécurité de la transaction (HTTPS, moyens de paiement sécurisés, CGV claires), une double validation obligatoire et un délai de carence (de 24h par exemple) sont des mesures adéquates pour gérer ces situations.
Conseil 3 : Attention aux numéros surtaxés et faux services
Les arnaques aux faux transporteurs et SAV
Cybermalveillance.gouv.fr alerte sur les messages énigmatiques reçus par SMS ou boîte vocale demandant de recontacter un pseudo transporteur « pour votre livraison » ou un service après-vente « suite à votre achat ». Ces messages incitent à rappeler des numéros surtaxés générant des revenus frauduleux.
Ces arnaques ciblent tant les particuliers que les professionnels. Un service logistique ou une assistante de direction peuvent recevoir des SMS prétendument envoyés par des transporteurs légitimes, avec des liens vers de faux sites de suivi de colis ou des numéros surtaxés à rappeler. Les numéros commençant par 08 (particulièrement 0899, 0897) peut constituer un indicateur d’alerte, ne jamais rappeler directement le numéro suspect est une bonne pratique à appliquer.
Conseil 4 : Vigilance renforcée face à l’hameçonnage
Détecter les tentatives de phishing sophistiquées
L’hameçonnage (phishing) reste la cyberattaque la plus fréquente, touchant 73% des entreprises françaises. Cybermalveillance.gouv.fr recommande de vérifier scrupuleusement les adresses d’envoi (un seul caractère peut changer), de ne pas cliquer sur les liens et de ne pas ouvrir les pièces jointes d’expéditeurs inconnus ou douteux annonçant l’affaire du siècle.
Les techniques évoluent dramatiquement. En 2025, le « deep phishing » exploite les technologies de deepfake pour usurper l’identité vocale ou vidéo de personnes de confiance. Les cybercriminels génèrent en temps réel des vidéos ou messages audio imitant parfaitement dirigeants ou collaborateurs, rendant les tentatives de fraude extrêmement crédibles. Les principaux signaux d’alerte à prendre en compte sont des adresses emails légèrement différentes (amazon-fr.com au lieu d’amazon.fr), liens raccourcis masquant la destination réelle, pièces jointes avec double extension (.pdf.exe), urgence inhabituelle, demandes de confirmation d’informations sensibles.
Une bonne pratique est d’avant tout clic, survoler les liens pour visualiser la vraie destination, vérifier la réalité de la promotion sur le site officiel du commerçant en tapant directement l’URL dans le navigateur, contacter le service commercial par téléphone en cas de doute.
Conseil 5 : Vérifiez la réalité et la notoriété des sites marchands
Identifier les faux sites et copies frauduleuses
Cybermalveillance.gouv.fr insiste sur l’importance de s’assurer qu’on n’est pas sur une copie frauduleuse d’un site officiel ou sur un site créé pour la circonstance. Un seul caractère peut changer dans l’adresse du site par rapport au nom officiel. Les sites frauduleux ont presque triplé pendant la saison des ventes d’octobre-novembre 2024. Ces plateformes utilisent des techniques sophistiquées : noms de domaine ressemblants (amazone.com, gooogle.fr), certificats HTTPS légitimes (le cadenas ne garantit pas la légitimité), templates visuels identiques aux sites officiels.
Des services comme le Online Shopping Checker de F-Secure ou Bitdefender Scamio permettent d’analyser la légitimité d’un site en quelques secondes. Encourager les collaborateurs à utiliser ces outils avant tout achat.
Conseil 6 : Protégez vos données personnelles et bancaires
Le principe de précaution maximale
Cybermalveillance.gouv.fr rappelle qu’au moindre doute, il ne faut pas fournir trop vite ses données personnelles ou bancaires, même si cela signifie rater une très bonne affaire. Les conséquences peuvent être dramatiques : usurpation d’identité, transactions bancaires frauduleuses.
Dans le contexte professionnel, la compromission de données peut avoir des conséquences encore plus graves. La conformité RGPD exige de notifier la CNIL dans les 72 heures de toute violation de données personnelles, avec des amendes pouvant atteindre 4% du chiffre d’affaires mondial ou 20 millions d’euros. Le principe de minimisation (ne communiquer que les données strictement nécessaires à la transaction) est la pratique essentielle lors du traitement des données.
Conseil 7 : Utilisez des mots de passe robustes et uniques
L’hygiène informatique fondamentale
Cybermalveillance.gouv.fr souligne que c’est le seul moyen d’assurer que si un mot de passe est compromis sur un site, cela ne compromettra pas l’ensemble des autres accès informatiques. Cette règle basique reste trop souvent négligée.
Un mot de passe robuste combine au minimum 12 caractères avec majuscules, minuscules, chiffres et caractères spéciaux. Mais la robustesse seule ne suffit pas : l’unicité est tout aussi critique. Réutiliser le même mot de passe sur plusieurs sites crée un effet domino catastrophique.
L’utilisation d’un gestionnaires de mots de passe (KeePass, 1Password, Proton, Bitwarden) devient indispensable pour gérer l’explosion du nombre de comptes sans compromettre la sécurité par la réutilisation ou des mots de passe faibles.
Conclusion : Transformer la vigilance en réflexe organisationnel
Le Black Friday et les périodes promotionnelles représentent des moments critiques où la vigilance cybersécurité doit être maximale. Les 7 conseils de Cybermalveillance.gouv.fr constituent une base solide, mais leur efficacité dépend de leur intégration dans la gouvernance cybersécurité globale de l’organisation.
Pour les dirigeants, DSI et RSSI, l’enjeu dépasse la simple protection pendant quelques jours. Ces périodes à haut risque révèlent les faiblesses structurelles de la posture de sécurité et offrent l’opportunité de renforcer durablement la sensibilisation et formation cybersécurité des collaborateurs.
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